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Carence et excès de VITAMINES

Vitamine A

La vitamine A joue un rôle important dans le bon fonctionnement de l’œil et du système immunitaire, dans le maintien de la fertilité, la prévention des fausses couches, la lutte contre le larmoiement et la sécheresse des yeux, la sécheresse de la peau et l’acné.

La carence en vitamine A est très répandue ; elle apparaît lorsque les apports alimentaires sont insuffisants et peut se manifester par des troubles de la vue, une desquamation, une peau sèche et épaissie.

L’excès résulte d’un apport excessif, en particulier chez les personnes alcooliques ou atteintes de maladies du foie, et peut se manifester par des maux de tête, de la somnolence ou de l’insomnie, une hypercalcémie, une alopécie, des douleurs musculaires et une coloration jaune-orangé de la peau.

Les sources de vitamine A sont les produits animaux (viande, poisson, coquillages, foie, produits laitiers) et les produits végétaux (carottes, patates douces, courge, oignons, concentré de tomates, persil, origan, sauge, orties).

Vitamine B1

La vitamine B1 (thiamine) contribue à un métabolisme énergétique normal, au fonctionnement normal du système nerveux, à des fonctions psychologiques normales et à une fonction cardiaque normale. Sans assez de thiamine, les cellules ne peuvent plus utiliser correctement le glucose pour produire de l’énergie.

Une carence en vitamine B1 peut apparaître en cas de forte consommation de glucides raffinés, de conserves stérilisées, de diurétiques, lors d’états fébriles prolongés ou d’un traitement antibiotique. Un diabète insuffisamment contrôlé, une consommation excessive de moules, de crustacés, de concombres, de thé, de café ou de raifort peuvent aussi être à l’origine d’une carence en vitamine B1.

Les manifestations varient selon l’âge de chacun ; chez l’adulte, les symptômes peuvent être : asthénie, apathie, irritabilité, insomnie, maux de tête, baisse de l’attention et de la mémoire, atrophie de la masse musculaire, palpitations, tachycardie, constipation, douleurs abdominales, apparition du béribéri.

La toxicité de la vitamine B1 est très rare, mais l’administration intraveineuse de doses plus de 100 fois supérieures peut provoquer des maux de tête, des troubles du rythme cardiaque et des convulsions, et des doses 1000 fois plus élevées peuvent entraîner la mort.

Les sources de vitamine B1 sont : la viande de porc, les produits complets, les pommes de terre, la levure de bière, la farine bise, l’avoine, les noix, le soja, les haricots secs, les pois, les œufs, le lait, les fruits.

Vitamine B2

La vitamine B2 est aussi connue comme le *pigment jaune des cellules* et porte, selon sa source, le nom de riboflavine (dans la viande), de lactoflavine (dans le lait), d’ovoflavine (dans les œufs) ou d’hépatoflavine (dans le foie).

Le rôle de la riboflavine :

  • Elle contribue au métabolisme des protéines, des lipides et des glucides ainsi qu’à celui des vitamines B6, B12, PP et des phosphates
  • Elle joue un rôle dans la respiration cellulaire
  • Elle stimule la croissance de l’organisme et la fonction de reproduction
  • Elle joue un rôle décisif dans la fixation du fer dans l’hémoglobine, agit en synergie avec la vitamine C et son efficacité augmente en association avec le nicotinamide et la vitamine B6
  • Elle intervient dans les synthèses protéiques qui conditionnent une bonne évolution du poids corporel
  • Elle joue un rôle dans l’adaptation visuelle à la lumière

La carence en vitamine B2 est rare, car l’alimentation couvre les besoins de l’organisme dès lors que la part des protéines est équilibrée. En cas de diabète, d’ulcère gastrique, de prise de contraceptifs ou d’effort physique et intellectuel, une augmentation des doses est nécessaire.

Il n’existe pas de données sur la toxicité de la vitamine B2.

Les sources de vitamine B2 sont les produits laitiers, la viande, le poisson, les œufs, les produits complets, la levure de bière, les légumineuses sèches, les légumes verts, les fruits colorés et le pollen.

Vitamine B3 (PP, niacine)

La vitamine B3 (niacine) entre dans la composition de nombreuses enzymes et est nécessaire notamment à la formation des hormones. Elle contribue à un métabolisme énergétique normal, au fonctionnement normal du système nerveux et au maintien d’une peau et de muqueuses normales.

La vitamine B3 entre dans la structure de certaines enzymes qui participent à plusieurs réactions d’oxydoréduction et intervient dans le métabolisme normal des tissus cardiovasculaires et nerveux.

Une carence en vitamine B3 peut apparaître en cas d’alimentation végétarienne, de maladies rénales chroniques, d’alcoolisme, de chimiothérapie antitumorale ou de troubles de l’absorption intestinale ; les symptômes de cette maladie portent le nom de pellagre.

Les manifestations de la maladie sont l’amaigrissement, l’asthénie, l’apathie, la *peau de crocodile* (peau enflée et rougie, avec des cloques qui peuvent s’infecter), les aphtes, les troubles digestifs, la mauvaise haleine, le délire, l’agitation, la dépression, la fatigue, les maux de tête, la diarrhée. Les personnes dont l’alimentation repose sur le maïs sont plus exposées à une carence en vitamine B3.

L’excès de vitamine B3 n’a été constaté que lors de l’administration médicamenteuse de doses supérieures à 1 g/jour, avec apparition de troubles digestifs.

Sources alimentaires : viandes maigres, foie de bœuf et de porc, rognons, poisson, produits laitiers et fromages, œufs, levure de bière, céréales, pollen, légumineuses sèches, légumes et fruits frais.

Vitamine B5 (panthénol)

La vitamine B5 (acide pantothénique) contribue à un métabolisme énergétique normal et à des performances intellectuelles normales ; elle est nécessaire à la synthèse des hormones stéroïdes, de la vitamine D et de certains neurotransmetteurs. Elle contribue aussi à réduire la fatigue.

Les signes de carence apparaissent surtout chez les consommateurs d’alcool, de caféine et de somnifères, en cas de cholestérol élevé, d’effort physique ou intellectuel, chez les personnes âgées, lors de traitements antibiotiques intensifs ou en cas de consommation d’aliments industriels trop transformés. Les symptômes peuvent alors être : fatigue chronique, fourmillements dans les paumes, crampes musculaires, insomnie, dépression, maux de tête, instabilité cardiaque, allergies, arthrite, goutte, faible immunité, cheveux gris.

L’excès de vitamine B5 n’entraîne, à très fortes doses seulement, que de légers troubles gastro-intestinaux ou des diarrhées.

Sources de vitamine B5 : viande, abats de bœuf, produits complets, noix, cacahuètes, gelée royale, champignons, chou-fleur, légumes verts, jaune d’œuf, levure de bière.

Vitamine B6 (adermine)

La vitamine B6 contribue à la formation normale des globules rouges, à un métabolisme normal des protéines et du glycogène, au fonctionnement normal du système nerveux et du système immunitaire ainsi qu’à la réduction de la fatigue.

Une carence en vitamine B6 ne provoque ni maladie ni symptômes spécifiques, mais l’abus d’alcool et les psychotropes détruisent la plus grande partie de cette vitamine.

Le rôle de la vitamine B6 :

  • Elle participe au métabolisme du fer
  • Elle est indispensable à une bonne absorption de la vitamine B12
  • Elle contribue au fonctionnement normal du système nerveux et à des fonctions psychologiques normales
  • Elle contribue à la régulation de l’activité hormonale
  • Elle contribue à un métabolisme normal de l’homocystéine

Un excès de vitamine B6 a été constaté lors de l’administration de plus de 600 mg/jour, se manifestant par des douleurs osseuses, une faiblesse musculaire et des frissons dans les doigts et les orteils.

Sources de vitamine B6 : viande et produits carnés, cervelle, foie, rognons, lait, œufs, saumon, thon, légumineuses sèches, légumes à feuilles vertes, levure de bière, son et germes de blé, riz complet, maïs, orge, avoine, cacahuètes, noix, pommes de terre, pois, chou, salade, épinards, avocat, melon, bananes, raisin, poires, pollen, noix et cacahuètes.

Vitamine B7 (biotine)

La vitamine B7 est vitale pour des cheveux et des ongles sains ainsi que pour le maintien d’une peau saine, dont elle régule la teneur en lipides. Elle intervient dans le métabolisme des graisses et des glucides, est utilisée dans la biosynthèse des hormones et participe au processus de prolifération des lymphocytes du système immunitaire.

La carence en vitamine B7 apparaît en cas de dénutrition, d’alcoolisme, de carence en zinc, de troubles digestifs, de prise de sulfamides, d’anticonvulsivants ou d’antibiotiques, et se manifeste par une chute massive des cheveux ou une alopécie, des pellicules, des douleurs musculaires, une dépression, des hallucinations, une peau sèche, de l’eczéma, des nausées, une asthénie, une anémie, un taux élevé d’acide lactique et une dépigmentation de la peau autour des yeux. L’absorption de la biotine est empêchée ou ralentie par le blanc d’œuf cru, l’eau chlorée, les œstrogènes et l’alcool.

L’excès de vitamine B7 est éliminé par l’urine et la sueur ; il peut rarement provoquer une dermatite ou des réactions allergiques.

Sources de vitamine B7 : jaune d’œuf, viande de volaille et surtout abats, poisson, foie de bœuf, farine de soja, lait, cacahuètes, levure de bière, chou, champignons, pois, carottes, tomates, épinards, riz complet et fruits frais.

Vitamine B9 (acide folique)

La vitamine B9 est indispensable au métabolisme des protéines, joue un rôle très important pendant la période intra-utérine, participe à la production des globules rouges et stimule la production d’acide chlorhydrique dans l’estomac ; son absorption a lieu dans l’intestin grêle et dépend de la présence de vitamine B12.

Une carence en vitamine B9 apparaît chez les personnes souffrant de troubles alimentaires, en cas d’élimination accrue, chez les personnes qui consomment des plats préparés à forte chaleur ou qui boivent chaque jour de grandes quantités d’alcool.

Les signes d’une carence en vitamine B9 peuvent être :

  • Chez l’enfant : retard de croissance (malformations congénitales) ;
  • Chez l’adulte : modifications du tube digestif (troubles digestifs, diarrhée, anorexie), pouls faible, faible résistance aux infections, pâleur avec pigmentation de la peau, cheveux gris, ongles durs et cassants, cicatrisation difficile des plaies, fatigue, somnolence, état dépressif, troubles de la mémoire, irritabilité, confusion mentale.

La carence, mais aussi l’administration excessive de certains médicaments qui influencent l’absorption de la vitamine B9, au cours du premier trimestre de la grossesse, augmente le risque de malformations congénitales.

Un excès de vitamine B9 peut réduire la capacité de l’organisme à absorber d’autres vitamines et minéraux, aggraver les troubles intestinaux et, administré en excès à la femme enceinte, augmenter le risque d’asthme chez l’enfant.

Les sources alimentaires de vitamine B9 sont : les épinards, les asperges, le brocoli, les concombres, les carottes, le chou, les haricots verts, les pommes de terre, les œufs, la viande (rognons, muscle), le pain bis, la levure de bière.

Vitamine B12 (vitamine rouge)

La vitamine B12 est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire. Elle joue aussi un rôle important dans la synthèse des protéines, dans le métabolisme des glucides et des lipides, en facilitant la libération de l’acide folique, dans le maintien de la santé du système nerveux, dans la réduction de l’irritabilité, dans l’amélioration de la capacité de concentration, de la mémoire et de l’équilibre psychique.

Un apport élevé de vitamine C (500 mg) entraîne des réactions indésirables sur l’absorption ou la biodisponibilité de la vitamine B12.

Sources de vitamine B12 : poulet, porc, bœuf, foie, rognons, poisson, œufs, produits laitiers.

Une alimentation strictement végétarienne augmente le risque de carence en vitamine B12. Les symptômes d’une carence sont : faiblesse, fatigue, teint jaune, anémie, pertes de mémoire ou difficultés de concentration, troubles de l’équilibre.

Un excès de vitamine B12 se rencontre lors d’une supplémentation à visée thérapeutique ou peut résulter de sa libération à partir d’un stock interne (dans des maladies comme la leucémie, l’hépatite, la cirrhose du foie).

Vitamine C (acide ascorbique)

La vitamine C est l’un des principaux antioxydants de l’organisme. Elle contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, à protéger les cellules contre le stress oxydatif et accroît l’absorption du fer. La vitamine C est protégée de l’oxydation par les vitamines A et E et s’élimine davantage lors d’efforts physiques intenses. La cuisson en détruit 25–90 %, et elle se perd aussi facilement lorsque les fruits et les légumes restent longtemps dans l’eau.

La vitamine C contribue à un métabolisme énergétique normal et à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau, des gencives, des os, des cartilages et des vaisseaux sanguins ; elle contribue aussi à régénérer la forme réduite de la vitamine E.

Une carence en vitamine C apparaît lors des régimes hyperprotéinés ou d’une alimentation composée de produits trop traités thermiquement et pauvre en aliments crus ; l’effort musculaire et le froid augmentent les besoins en vitamine C. Le risque de carence est particulièrement élevé en hiver et au printemps. La prise de compléments de vitamine C doit s’accompagner de Mg, de vitamine B6 et d’eau, afin d’écarter le risque de formation de calculs d’acide urique ou d’acide oxalique. Les symptômes d’une carence en vitamine C sont :

  • La résistance des capillaires diminue à cause d’un trouble de la synthèse du collagène, ce qui entraîne des hémorragies périostées, intramusculaires, gingivales, nasales et cutanées
  • La peau du corps se dessèche et des ecchymoses jaunes, vertes et rouges apparaissent sur les membres inférieurs
  • Une anémie apparaît en raison d’une absorption réduite du fer
  • Les alvéoles dentaires se dégradent, les gencives se rétractent et les dents peuvent tomber
  • Les fractures guérissent plus difficilement, les extrémités osseuses sont molles et épaissies, les muscles deviennent raides, les plaies cicatrisent mal
  • La résistance de l’organisme aux toxines diminue

Un excès de vitamine C n’apparaît qu’en cas de prise médicamenteuse complémentaire et peut se manifester par : une diarrhée osmotique, des troubles de l’absorption des vitamines du groupe B, une stérilité, un avortement.

Les besoins en vitamine C ne sont pas couverts si l’on renonce aux crudités, car une grande partie est détruite par la cuisson.

La principale source de vitamine C, ce sont les légumes crus (chou, chou-fleur, tomates, poivrons, épinards, persil, aneth, estragon) et les fruits (églantines, argousier, groseilles, fraises, agrumes, châtaignes). Les produits animaux contiennent de petites quantités de vitamine C, détruites en grande partie par la cuisson.